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20/08/2013

Le hockey, le sport qui a su se remettre en question

Le championnat d'Europe de hockey se déroule dans les meilleures conditions possibles. Beau temps, installations de qualité, engouement populaire. La Belgique se révèle parfaitement capable d'organiser un grand événement sportif et c'est un premier motif de satisfaction.

A l'heure où ces lignes sont écrites, on ignore encore si les sélections belges iront en demi-finales. Les dames jouent ce mardi soir, 20 août, à 18 heures alors que les messieurs seront fixés mercredi 21.

Le but de cette intervention n'est d'ailleurs pas de commenter le jeu des uns et des autres, même si l'on peut saluer à sa juste valeur l'exploit des Red Lions contre l'Allemagne (battre 2-1 le champion d'Europe et le champion olympique en titre, même légèrement déforcé, n'est pas donné à tout le monde).

Notre intention est avant tout de montrer ou de tenter de montrer en tout cas combien le hockey a pris d'avance sur le football. Certes, filmer le jeu demeure difficile. La balle est petite et certaines phases peuvent paraître un rien confuses. De plus, celui qui ne connaît pas les règles de la discipline peut se sentir un peu déboussolé.

Ce que l'on veut illustrer, c'est qu'en permettant des changements tout au long de la rencontre, on rend celle-ci beaucoup plus nerveuse. Par ailleurs, les cartes vertes (qui valent deux minutes de "prison" pour celui qui en écope) et jaunes (cinq minutes sur la touche) constituent des sanctions immédiates plus justes et plus efficaces que les bristols distribués au football. Enfin, le recours à la vidéo (autorisé jusqu'à ce qu'une erreur d'appréciation de la part de ceux qui le demandent ait été commise) permet aussi un arbitrage plus fin.

Bref, le hockey n'a pas hésité à innover en rafraîchissant ses lois dans le sens d'un jeu plus vif et plus spectaculaire, ce que le trop traditionnel football n'a pas réussi à faire.

Evoquons les changements par exemple. On peut comprendre que dans les grandes compétitions de football (coupes européennes, championnats de D1) permettre à tout moment à un ou des joueurs de monter sur le terrain à la place d'un ou de plusieurs autres risquerait de créer une certaine confusion. Mais appliquer la formule dans les divisions inférieures et en football corporatif aurait mille avantages.

Choisissons l'exemple d'une rencontre corporative. Le temps de jeu est de deux fois 35 minutes. Chaque équipe a droit à trois changements mais ils sont définitifs. Conclusion: sur les quinze joueurs couchés sur la feuille d'arbitrage, un au moins est sûr de rester sur le banc tout le match et six autres (si tous les changements sont effectués) sont sûrs de jouer plus ou moins 35 minutes, c'est-à-dire rien du tout. Si l'on allongeait le temps de jeu à deux fois 45 minutes en autorisant tous les changements que l'on désire, tous les joueurs de toutes les équipes s'amuseraient dix fois plus.

Mais c'est sans doute trop demander aux dirigeants sclérosés d'un sport qui demeure le premier au monde mais risque bien de ne pas le rester indéfiniment s'il ne se remet pas en question. Car, jusqu'à preuve du contraire, dans les tribunes des stades de hockey, de tennis, de basket ou de volley, on croise beaucoup de moins de beaufs racistes et avinés que dans les travées des enceintes de football.      

 

11:38 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)