Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

31/07/2013

Zulte Waregem remis à sa place

Qui a pu voir la rencontre PSV Eindhoven-Zulte Waregem, mardi soir 30 juillet, disputée pour le compte du troisième tour préliminaire de la Ligue des champions de football, a pu se rendre compte du fossé existant entre les équipes néerlandaises et belges du top. Vice-champions de Belgique, les Flandriens ont été surclassés par des Néerlandais qu'on disait pourtant aux abois. Les médias belges se réjouissaient de voir les hommes de Franky Dury affronter une formation batave en reconstruction à la suite du départ à la retraite de Van Bommel et des départs sous d'autres cieux de l'attaquant Lens et du Belge Dries Martens. On prédisait au nouvel entraîneur du PSV, l'ancien international Philippe Cocu, des débuts compliqués. Or, il n'aura fallu à ses troupes qu'un peu de patience pour mettre Zulte Waregem quasiment KO.

A la mi-temps du match, on se demandait comment Bossut avait réussi à garder ses filets inviolés. A la fin de la joute, on se demandait comment le marquoir (qui affichait 2-0) ne s'était pas emballé davantage. Les Néerlandais ont tiré trois fois sur les montants et manqué quelques autres grosses occasions qu'ils ont forgées grâce à leurs qualités intrinsèques indéniables mais aussi avec l'aide de joueurs belges tour à tour maladroits, imprécis, apathiques et naïfs.

On nous a rebattu les oreilles avec les qualités techniques du Français Berrier. Il en a d'indéniables mais elles ne s'expriment que sur les terrains belges. Lorsque l'opposition se corse, Berrier se transforme en fantôme, ce qu'il fut mardi. On nous affirme que Thorgan Hazard est un futur grand. C'est peut-être vrai mais au PSV, le jeune frère d'Eden a été joyeusement mis en boîte. On ne l'a pas vu, au contraire du Belge d'Eindhoven, le tout aussi jeune (et même un peu plus) Bakkali (17 ans), auteur d'une prestation cinq étoiles.

Bref, défense fébrile, à l'image d'un autre espoir belge, totalement dépassé par les événements, en l'occurrence le back gauche Verboom, entrejeu étouffé et attaque malhabile: tous les ingrédients étaient réunis pour que Zulte Waregem se ramasse.

Mercredi, le dauphin du Sporting d'Anderlecht tentera de renverser la vapeur. On lui promet bien du plaisir.

  

   

 

 

14:04 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (0)

08/07/2013

Murray, 77 ans après Fred Perry, l'idole des...skinheads

Andy Murray a remporté, dimanche 7 juin, les internationaux de tennis de Wimbledon. Il y a 77 ans que le Royaume-Uni attendait cela. L'Ecossais succède, en effet, au palmarès, à l'Anglais Fred Perry, vainqueur à Londres en 1934, 1935 et 1936. Tous les amateurs de lawn tennis savent plus ou moins qui était Fred Perry, mort en 1995. Mais tous les amateurs de mode connaissent aussi son nom.

C'est qu'à la fin des années '40,  Fred Perry s'est associé au footballeur autrichien Tibby Wegner pour créer une ligne de vêtements. Il la commencera en inventant le poignet éponge conçu dans la même matière que les serviettes de bain. Avant d'élargir la production à divers vêtements destinés au tennis. Le logo, une couronne de laurier brodée côté cœur, deviendra mondialement célèbre. Auprès des tennismen mais aussi  des grands de ce monde. Ainsi, les polos Fred Perry garnissaient-ils la garde-robe de John-Fitzgerald Kennedy.

Après quelques éclipses, la marque a repris des couleurs. Grâce à l'appui de créateurs japonais, elle a fait une belle percée sur le marché asiatique et elle continue à séduire de nombreux sportifs.

Mais elle n'intéresse pas seulement les spécialistes fashion. Il y a longtemps que les sociologues analysent la fascination que la couronne de lauriers exerce sur...les skinheads comme sur les...militants anti-fascistes.

Le 5 juin 2013, Clément Méric, à Paris, un jeune activiste d'extême-gauche, était mortellement blessé lors d'une bagarre. La scène s'est déroulée sur un trottoir de la capitale. Juste avant, Méric avait eu une altercation avec de jeunes fascistes. Où cela? A une vente privée de vêtements signés Fred Perry.

A l'époque, Gildas Lescop, sociologue à l'université de Picardie, avait indiqué que les skinheads avaient porté du Fred Perry dès leur apparition, à la fin des années 1960. C'était, ajoutait-il, un héritage de leurs ancêtres, les mods, sous-culture britannique dont les membres, souvent motards, travaillaient particulièrement leur look. Les skins, issus de la frange prolétarienne des mods, ont développé un style vestimentaire plus "ouvrier" que leurs grands frères. Mais ils ont gardé l'habitude de porter certaines marques d'époque, et notamment les polos Fred Perry.

Dans les années 1980,  poursuivait le sociologue, le mouvement skin s'est fractionné : certains ont rejoint l'extrême droite, d'autres l'extrême gauche, et d'autres enfin sont restés apolitiques. Mais si le mouvement s'est scindé, les références vestimentaires, elles, sont restées globalement les mêmes. 

Etant donné que les skins de différentes factions portent les même marques, certains ont développé des micro-signes de reconnaissance pour se démarquer. Cela passe par la couleur des lacets, mais aussi par les bandes de couleurs présentes sur les manches des polos Fred Perry.

Et voilà comment un équipementier peut être récupéré par un mouvement politico-culturel. 

12:59 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)