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08/07/2013

Murray, 77 ans après Fred Perry, l'idole des...skinheads

Andy Murray a remporté, dimanche 7 juin, les internationaux de tennis de Wimbledon. Il y a 77 ans que le Royaume-Uni attendait cela. L'Ecossais succède, en effet, au palmarès, à l'Anglais Fred Perry, vainqueur à Londres en 1934, 1935 et 1936. Tous les amateurs de lawn tennis savent plus ou moins qui était Fred Perry, mort en 1995. Mais tous les amateurs de mode connaissent aussi son nom.

C'est qu'à la fin des années '40,  Fred Perry s'est associé au footballeur autrichien Tibby Wegner pour créer une ligne de vêtements. Il la commencera en inventant le poignet éponge conçu dans la même matière que les serviettes de bain. Avant d'élargir la production à divers vêtements destinés au tennis. Le logo, une couronne de laurier brodée côté cœur, deviendra mondialement célèbre. Auprès des tennismen mais aussi  des grands de ce monde. Ainsi, les polos Fred Perry garnissaient-ils la garde-robe de John-Fitzgerald Kennedy.

Après quelques éclipses, la marque a repris des couleurs. Grâce à l'appui de créateurs japonais, elle a fait une belle percée sur le marché asiatique et elle continue à séduire de nombreux sportifs.

Mais elle n'intéresse pas seulement les spécialistes fashion. Il y a longtemps que les sociologues analysent la fascination que la couronne de lauriers exerce sur...les skinheads comme sur les...militants anti-fascistes.

Le 5 juin 2013, Clément Méric, à Paris, un jeune activiste d'extême-gauche, était mortellement blessé lors d'une bagarre. La scène s'est déroulée sur un trottoir de la capitale. Juste avant, Méric avait eu une altercation avec de jeunes fascistes. Où cela? A une vente privée de vêtements signés Fred Perry.

A l'époque, Gildas Lescop, sociologue à l'université de Picardie, avait indiqué que les skinheads avaient porté du Fred Perry dès leur apparition, à la fin des années 1960. C'était, ajoutait-il, un héritage de leurs ancêtres, les mods, sous-culture britannique dont les membres, souvent motards, travaillaient particulièrement leur look. Les skins, issus de la frange prolétarienne des mods, ont développé un style vestimentaire plus "ouvrier" que leurs grands frères. Mais ils ont gardé l'habitude de porter certaines marques d'époque, et notamment les polos Fred Perry.

Dans les années 1980,  poursuivait le sociologue, le mouvement skin s'est fractionné : certains ont rejoint l'extrême droite, d'autres l'extrême gauche, et d'autres enfin sont restés apolitiques. Mais si le mouvement s'est scindé, les références vestimentaires, elles, sont restées globalement les mêmes. 

Etant donné que les skins de différentes factions portent les même marques, certains ont développé des micro-signes de reconnaissance pour se démarquer. Cela passe par la couleur des lacets, mais aussi par les bandes de couleurs présentes sur les manches des polos Fred Perry.

Et voilà comment un équipementier peut être récupéré par un mouvement politico-culturel. 

12:59 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

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