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28/05/2013

Elle est belle la légende rouche

L'angélisme est un terme inconnu dans le vocabulaire du sport professionnel en général et du football en particulier. Aussi, il faudrait être benêt pour s'étonner du limogeage de Mircea Rednic, l'ex-entraîneur roumain du Standard de Liège. Appelé à la rescousse de l'équipe alors qu'elle était dans les  caves du classement de division 1, il a remis le bateau à flots et permis, in fine, au club liégeois de décrocher un ticket européen. Ce n'était pas mince mérite.

Seulement voilà, M. Rednic a du caractère, du tempérament, de la volonté. Il sait ce qu'il veut et où il veut aller. Et ça, de toute apparence, cela ne semble pas avoir eu l'heur de plaire au propriétaire du Standard de Liège, l'homme d'affaires flamand Roland Duchâtelet. Plutôt que de poursuivre l'aventure avec quelqu'un qui aurait sans doute posé ses exigences voire ses conditions à l'entame de la prochaine campagne, M. Duchâtelet a préféré lui faire savoir qu'il n'entendait pas renouveler son contrat et qu'il le congédiait au profit d'un illustre inconnu israélien de 37 ans.

On aura pu lire dans la presse spécialisée les explications du patron du club, par ailleurs passé maître dans les montages fiscaux sophistiqués. Sur le plan sportif, elles n'auront convaincu que ceux qui ne connaissent rien au football. Mais peut-on, dans cette affaire, n'envisager que l'angle sportif? On voit bien que d'autres paramètres sont en jeu, qui n'ont rien à voir avec les sentiments que peuvent ressentir les supporters "rouches". Il est loin le temps où un club et ses joueurs s'identifiaient à leur ville et à leur région. Et où le football, on veut dire le jeu, occupait l'essentiel de l'espace.

Que sont le Real de Madrid,  Barcelone, le PSG, la Juventus, le Bayern de Munich ou Manchester United devenus sinon des sociétés commerciales implacables? Mais ces écuries-là, au moins, elles gagnent des trophées et font rêver l'amateur de beau jeu. On ne peut pas en dire autant de tout le monde...

 

    

14:31 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (0)

Federer, ce gentleman

Journal parlé de la Première, mardi 28 mai. Il est plus ou moins 8h15 et s'ouvre la page des sports. On évoque le tournoi de tennis de Roland Garros et le match à venir entre Goffin et Djokovic. L'envoyée spéciale de la RTBF livre une interview de Marc Maury, le speaker de l'événement, d'origne belge apprenons-nous.

Il raconte comment, l'année passée, il a eu l'idée, au terme du huitième de finale entre Goffin et la star Roger Federer, de réunir le perdant belge et le vainqueur suisse, auquel le jeune Goffin avait réussi à prendre un set. "Je suis allé voir Federer en lui proposant une interview croisée. Il m'a dit oui. Je me suis retourné pour aller chercher Goffin assis sur un banc un peu plus loin et auquel j'avais demandé de patienter. J'ai entendu Roger me héler. Je me suis dit, il va peut-être me dire qu'il est revenu sur sa décision. Je retourne vers lui et il me dit: je veux bien faire l'interview mais pour autant que David (Goffin) soit d'accord..."

On savait que Roger Federer c'était la classe à l'état pur. L'anecdote vient le confirmer de lumineuse façon.

14:02 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

21/05/2013

Les larmes de Wazyl

Ce sont des géants aux muscles d'acier, au regard noir, toujours prêts à tackler, jouer des coudes, utiliser leur masse corporelle pour freiner l'adversaire. On les dirait imperméables aux sentiments, intéressés uniquement par la victoire et l'argent qu'elle rapporte. Certains considèrent même qu'ils n'ont pas de cerveau ou alors celui d'un oiseau et que toute leur intelligence, toute leur volonté, ils les ont mises dans leurs pieds.

Et puis, quelque chose, un événement presque fortuit, montre que ce sont avant tout des hommes. Que sous les pectoraux, bat un coeur comme les autres. Et que l'armure peut se fendre chez eux aussi.

Le match pour le titre, l'autre dimanche, au Parc Astrid, fut quelconque. L'enjeu a comme paralysé les acteurs, les Anderlechtois à tout le moins. On retiendra, évidemment, la joie des champions et la dignité de leurs rivaux flamands, qui auront maintenu le suspense jusqu'au bout. Mais une image, surtout, restera gravée dans nos esprits: celle de Wasilewski, que d'aucuns prenaient pour une brute épaisse, une sorte d'ours mal léché, dur au mal, un roc sans âme, pleurant toutes les larmes de son corps en recevant l'hommage de ses dirigeants et des supporters mauves peu avant le coup d'envoi.

On eût dit un gosse submergé par une émotion trop grande pour sa petite âme. Cet athlète aux allures de bûcheron laissait parler son coeur, sans retenue, comme si une digue avait lâché.

Non, mesdames et messieurs, les footballeurs ne sont pas des robots dénués de tout sentiment, ils sont capables d'élans, il leur arrive d'exprimer de la gratitude, de la bonté, voire une certaine grandeur. Wazyl, le rugueux défenseur polonais du Sporting d'Anderlecht, n'a jamais été Noureev. Sur un terrain de foot, il ne nous a jamais fait rêver. Mais dimanche, on aurait bien aimé être son ami et partager avec lui ce moment fort qui nous a fait monter des larmes au bord des yeux, à nous aussi, simple spectateur de son trouble.

         

   

16:19 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (0)